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Pour avoir une certaine idée du néant, de la peur, de la beauté et de ces états limites qui composent la mémoire de certains furieux, lancés de toutes leurs forces dans les arcanes de la planète verticale… Je me suis longtemps demandé comment j’allais pouvoir vous parler de ce livre, je n’arrivai pas à trouver les bons mots, la bonne histoire. Finalement, je me suis dit que l’extrait suivant vous donnerait sûrement plus envie de le lire. En tout cas, pour moi, ça a marché…
« Je ne sais pas si je suis un grimpeur qui écrit ou un écrivain qui grimpe. Partagé entre ces deux activités, j'ai de toute façon perdu beaucoup de temps à grimper au lieu d'écrire et perdu beaucoup de temps à écrire au lieu de grimper. Je n'ai sans doute pas le droit de me plaindre. L'escalade m'a beaucoup aidé, me donnant une passion et un but pendant plus de vingt ans, m'apportant la matière brute et le courage d’écrire. Ce recueil de récit raconte des expériences très différentes, de mes premières ascensions de grandes voies d’El Capitan aux sommets himalayens comme le Gasherbrum IV, les Tours de Trango et le K2. On trouve aussi des histoires de voyage dans des régions reculées du Népal et des portraits de grimpeurs que j’admire. Mais la plupart de ces histoires se déroulent dans le monde étrange de la haute altitude. Certaines ont été publiées dans des magasines, d’autres sont restées à incuber dans mon journal pour finalement trouver place dans ce livre. Je dois l’avouer, je nourris des sentiments ambigus à l’égard de ma vie, passée à grimper. Est-ce parce que j’ai perdu tant d’amis en montagne ? Pour la plupart des gens, poursuivre un but aussi abstrait et difficile que gravir des montagnes au risque de mourir ou de finir handicapé, est pure insanité, au mieux de l’excentricité. Je suis assez d’accord avec cette façon de penser, mais j’ajouterai quand même que mes expériences en escalade me font vivre le quotidien plus intensément. Ce qui m’a d’abord poussé à écrire, c’est le défi d’essayer de capturer la quintessence de ces étranges moments, quand l’escalade me vide émotionnellement et physiquement. Je ne prétends pas expliquer les raisons qui poussent les gens à grimper, cependant en décrivant certains évènements, certains sentiments ou paysages de l’univers des grimpeurs, il nous sera peut être possible de trouver une explication à cette passion. »
Transcrit par Sonia, de Toulouse Saint-Martin
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François Kaiser, champion de France d'escalade de bloc!
Le théorème de la peur, par Greg Child.
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